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Psychologie

Pervers narcissique, tout savoir sur ce trouble de la personnalité

PN ? Pervers Narcissique ? Termes très galvaudés dans le langage courant et devenus relativement à la mode ces dernières années et « fourre-tout » quand il s’agit de catégoriser une relation ou un comportement dit toxique. Mais qu’est-ce que définit vraiment le terme Pervers Narcissique ?

 

Il s’agit tout d’abord d’un trouble de la personnalité et il existe selon le DSM-V, 6 troubles de la personnalité (Schizotypique, Limite ou Borderline, Narcissique, Antisociale, Évitante, Obsessionnelle Compulsive) Nous nous intéresserons donc ici plus particulièrement au Trouble de la personnalité dit Narcissique ou communément appelé la perversion narcissique.

Le trouble de la personnalité narcissique, selon le DSM-V, appartient au groupe B dit des troubles dramatiques, émotionnels ou erratiques. Cette pathologie comprend deux aspects : les troubles narcissiques et la perversion. La perversion ici est entendu dans le sens morale et non sexuel ! Le trouble de la personnalité narcissique se caractérise par un besoin excessif d’être adulé et une forte tendance à la mégalomanie et à l’égocentrisme. En outre, le patient narcissique montre un faible degré d’empathie vis-à-vis d’autrui. En règle générale, les symptômes de ce type de perturbation apparaissent à l’âge adulte (jeune adulte).

Le pervers narcissique a inlassablement besoin d’être admiré. La quête excessive de reconnaissance est un autre marqueur de ces troubles. Un pervers narcissique présente donc une personnalité marquée à la fois par un narcissisme exacerbé et des traits de perversion morale.

Cette « perversion narcissique » serait une perversité dans laquelle autrui devient pour le pervers un « objet-non objet ». Il va nourrir son narcissisme du narcissisme de l’autre. Il va s’agir d’une « conquête du territoire psychique de l’autre » (Alberto Eiguer) ou d’une « jouissance » que le pervers va obtenir de sa valorisation systématique au détriment de l’autre (Racamier). On peut qualifier cette perversité de « perversion instinctive ». Le pervers narcissique est narcissique en ce qu’il entend ne rien devoir à personne et n’attendre rien de personne. Par contre, tout lui est dû. Le pervers narcissique n’envie personne car il a tout, il le dit et y croit. Il ne dépend jamais d’autrui qui est son « objet-non objet ». Le narcissisme poussé à l’extrême se transforme en véritable folie narcissique avec une mégalomanie maligne dans laquelle le pervers agit dans un sentiment d’impunité totale. Autrui est exploité sans scrupules, c’est l’ivresse narcissique.

 

Dans le DSM-V, la « personnalité narcissique » est définie comme « des fantaisies ou comportements grandioses, un besoin d’être admiré et un manque d’empathie ». Le DSM-V décrit également dans les premiers critères un sujet au Soi grandiose (qui cache un « sentiment d’infériorité et de dépendance excessive vis-à-vis de l’admiration et des approbations extérieures »), absorbé par son succès et sa beauté, se sentant unique, avec ce besoin excessif d’être admiré. Les critères suivants décrivent un sujet qui pense que tout lui est dû, qui exploite autrui sans aucune empathie et est envieux, arrogant. Les narcissiques « souffrent de sentiment chronique d’ennui et de vide ; ils cherchent constamment à gratifier leurs aspirations à l’éclat, à la richesse, au pouvoir, à la beauté ». En bref, la perversion narcissique consiste en une propension active du sujet à nourrir son propre narcissisme au détriment de celui d’autrui, avec le but de s’emparer des qualités de l’autre et de s’en approprier le mérite.

Les comorbidités sont fréquentes. Les pervers narcissiques ont souvent aussi une dépression (trouble dépressif majeur, trouble dépressif persistant), une anorexie nerveuse, un trouble de l’utilisation de substances (en particulier les amphétamines), ou un autre trouble de la personnalité [histrionique, limite (borderline), paranoïde].

Les causes du trouble de la personnalité narcissique sont à la fois complexes et inconnues. Certaines théories avancent que les aidants naturels peuvent ne pas avoir traité l’enfant de manière appropriée donc une enfance dysfonctionnelle (enfants surprotégés, enfants sur qui on a des attentes extrêmement élevées ou démesurées, enfants abusés ou négligés) pourrait être en cause. Il est possible qu’un désordre génétique ou neurobiologique soit à l’origine de ce trouble de la personnalité mais rien n’est à ce jour prouvé.

Les caractéristiques du PN :

  • Il souhaite donner une image « parfaite » en donnant la sensation que celle-ci est « naturelle » (C’est un séducteur hors-pair)
  • Il est expert dans la communication (il a le don de détourner, déstabiliser, culpabiliser avec habileté son interlocuteur)
  • Il se dit positif et bienveillant mais sera plutôt vindicatif, culpabilisant et machiavélique dans ses actes
  • Il n’a jamais tort et ne supporte pas qu’on lui dise « non » ni même la négation
  • Il n’a aucun respect pour les règles et défie les lois
  • Il adore parler de lui, de sa réussite sociale, familiale, professionnelle et se met constamment en avant (airs de supériorité, égocentrisme)
  • Il a un attrait immense pour l’argent (se sont souvent des maniaques de l’argent et des acheteurs compulsifs)
  • Il demandera l’avis d’autrui juste pour l’amadouer
  • Il est paranoïaque
  • Il peut mentir sur son histoire (événements de vie difficiles) pour se placer en exemple héroïque (pour attirer empathie et admiration) tout en se victimisant
  • Il ne se remet pas en question face à la critique
  • Il a des changements d’humeurs soudains
  • Il rabaisse autrui pour se valoriser
  • Il test constamment autrui
  • Il présente des déviance sexuelles
  • Il choisi généralement des partenaires de vie aimantes et sensibles
  • Il va tout faire pour décrédibiliser les propos d’autrui s’il est conscient que son image peut être dévalorisée
  • Il peut être violent, s’il se sent découvert

Les mécanismes ou techniques d’emprise du PN :

  • Il repère les failles d’autrui
  • La parole est son arme redoutable (utilise le mensonge, l’insinuation, la paradoxalité, les contrevérités, les allusions, le double-sens des mots, sa communication est floue et il change fréquemment d’opinion)
  • Il dénie la réalité pour se protéger de toutes souffrances
  • Il nie ses comportements antisociaux
  • Il nie les conséquences de ses actes pour autrui (incapacité d’avouer ses torts ou d’assumer la responsabilité de ses actes)
  • La faute est constamment niée, banalisée, rationalisée ou rejetée sur autrui
  • Le conflit est nié et le déni est anti-conflictuel
  • Il utilise le clivage : le paraître est très important pour le PN qui décrit une « belle image » de lui (ne se reconnaît donc aucun défaut et projette sur autrui ses propres travers par l’identification projective, il peut même en venir à se placer en victime si certaines techniques ne sont pas satisfaisantes)
  • Il éprouve beaucoup de jalousie
  • Il est continuellement en quête de reconnaissance ou de succès
  • Il présente plusieurs « masques, visages » (passage soudain d’une profonde tristesse à la colère, c’est un comédien)
  • Il n’est pas conscient du mal qu’il provoque (cependant, l’influence qu’il exerce sur autrui est calculée)
  • Il a recours à la manipulation et aux phases dites de « lunes de miel » (« phases de séduction » où il bombarde d’amour, installe un grand attachement et crée une dépendance affective)

Les traitements et prises en charges :

La prise en charge du pervers narcissique, celui-ci ne connaissant ni remords ou souffrance car cette dernière étant éjectée sur l’autre est donc difficile mais pas impossible ! La personne atteinte de perversion narcissique doit avant tout avoir une motivation au changement.

Les prises en charges possibles sont la Psychologie intégrative (démarche multi-référentielle) intégrant plusieurs thérapies comme la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC), la Thérapie d’Inspiration Analytique, la Thérapie Existentielle ainsi que l’Hypnothérapie.

Grâce à ses différentes thérapies le pervers narcissique peut apprendre à reconnaître les techniques et les phases de manipulation afin d’en avoir conscience, travailler sur les comportements impulsifs et élans instinctifs ainsi que les comportements conscients, calculés et stratégiques, travailler sur la colère et les émotions parasites liées à la tristesse, travailler sur les traumatismes, travailler sur l’estime de soi, la connaissance de soi et les failles narcissiques, apprendre qu’est-ce que la perversion et la manipulation (psycho-éducation), travailler sur la projection ce qu’on appelle la pleine conscience (pour s’observer et pouvoir voir l’autre), etc.

Si vous pensez correspondre à un profil de manipulateur, trouble de la personnalité narcissique, pervers narcissique (PN) ou si vous pensez être victime de manipulation ou de perversion n’hésitez pas à me contacter pour tout renseignement complémentaire ou pour prendre rendez-vous.